Groupes convoqués
Assemblée Permanente
Type de réunion
Débat et construction

Pour une une éducation nationale émancipatrice

Bibo - Rodolphe Dumouch, Roscoe

Exposé des motifs

Cette motion entend déterminer une ligne en matière de politique éducative pour le Parti Pirate, de manière à se détacher d’un programme éducatif actuel composé de 12 points élaborés en 2017, peu innovants, ne reflétant pas, voir étant contradictoires avec l’idéologie pirate. Ces points programmes peuvent porter préjudices au vu de la faiblesse de leur argumentaire et de l’inexactitude de leur propos.

Cette motion s’est cependant inspirée de certains de ses points et de l’ensemble des discussions qui ont lieu sur le forum afin d’y rassembler les grands défis auxquels fait fasse le système éducatif français.

Elle entend à la fois donner des billes en terme de philosophie éducative à nos portes paroles qui tiendrait plus d’un idéal, mais aussi proposer des points de réformes prioritaires à mettre en place rapidement.

Cette motion induit l’abrogation des motions suivantes :



Pour une école émancipatrice et démocratique

Le Parti Pirate se positionne pour un service publique de l’éducation qui aurait pour mission principale l’émancipation des individus. Cette émancipation doit permettre le développement physique et intellectuel des individus, de manière à ce que ces personnes puissent mener la vie libre qu’iels souhaitent.

En cela donc, cette éducation doit non seulement former à l’apprentissage des fondamentaux scolaires mais doit aussi permettre aux individus de pouvoir mener leur vie sociale, citoyenne, leur vie économique, leur santé en toute sérénité.

Le Parti Pirate envisage l’école comme une opportunité pour des jeunes citoyens de participer activement à la société.

En cela donc, le Parti Pirate ne peut pas envisager un système éducatif dans lequel les jeunes seraient amenés à subir les décisions prises par les adultes, politiques, parents, personnel éducatif. Un tel fonctionnement ne ferait que reproduire le schéma dysfonctionnel d’une société autoritaire.

Il doit leur être donné l’opportunité de participer activement à la vie de leur établissement, de prendre de décision sur l’allocation des budgets, l’organisation de la scolarité.

Cette nécessité pour amener au développement d’individus émancipés n’empêche pas que les établissements éducatifs soient contraints à un certains nombre de missions. La seule différence tient à la manière dont les principaux intéressés participent à ce processus décisionnel pour la mise en oeuvre de ces missions.

Proposition 1: Le Parti Pirate préconise de renforcer la place des élèves dans les instances des établissements et de leurs donner un véritable pouvoir, à part égale avec l'équipe éducative et les parents.

Proposition 2 : Le Parti Pirate préconise que les options, langues, spécialités et orientations scolaires ne puissent être le choix que de l'élève et pas de leurs représentants légaux, ni des enseignants.

Pour un vrai service publique de l’éducation et la fin de l'école privée

Dans un système éducatif où les jeunes et le personnel éducatif prends part aux décisions de son établissement, la voie devient libre pour mener des expérimentations éducatives de toutes sortes. Ainsi, l’intérêt d’établissement d’enseignements privés dans ce but devient obsolète.

De la même manière, dans une volonté de gestion du budget qui dépende du nombre d’élève accueilli dans l’établissement plus que du projet éducatif et de l’offre de l’établissement, ou encore du contexte socio-économique, il ne devient pas acceptable que des établissements privés demandent à des familles une participation financière supplémentaire.

En effet, mettre en concurrence un service publique de l’éducation et des établissements privés d’éducation donne l'opportunité au privé de sélectionner ses « clients », de se concentrer sur des segments de marché plus rentables, laissant le secteur public desservir les populations moins rentables ou nécessitant des services plus coûteux à fournir.

Une des conséquences de cette mise en concurence est la ségragation socio-économique faisant de la france une championne des inégalités scolaires :

Dans les pays de l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques, l’écart moyen entre les élèves issus de milieux socio-économiques favorisés et ceux de milieux défavorisés est de 93 points en mathématiques. En France, il est de 20 points de plus – 113 points à ceux des élèves défavorisés. Il s’agit de l’un des plus importants écarts liés au milieu socio-économiques, « des écarts plus importants ne sont observés qu’en République slovaque ou encore en Israël », précise l’OCDE.

Le secteur privé est en effet facteur de ségrégation comme nous le rappel ce papier des cahiers pédagogiques :

Depuis 20 ans la mixité recule dans ces établissements. Les élèves de familles très favorisées, qui constituaient 26,4 % des effectifs de l’enseignement privé sous contrat en 2000, en représentent 40,2 % en 2021 et les élèves de milieux favorisés ou très favorisés sont désormais majoritaires dans ce secteur – 55,4 % en 2021 – alors qu’ils représentent 32,3 % des élèves dans le public ». Et quant aux élèves boursiers, ils sont près de trois fois plus nombreux dans le public que dans le privé (11,8% dans le privé contre 29,1% dans le public en 2021). La révélation des IPS en novembre dernier avait aussi montré la forte ségrégation à l’œuvre.

En plus des conséquences sur la mixité, l'éducation privé coûte cher :

Le budget de l’enseignement privé sous contrat s’élève à 8 milliards en 2022, « ces crédits financent à la fois la rémunération des enseignants et le forfait d’externat versé aux établissements du second degré, destiné à couvrir leurs charges de personnels de vie scolaire ». Les écoles sont ainsi financées pour 55% par l’État contre 74,3% pour le public. Les collèges et lycées sont quant à eux financés pour 55,2% par l’État dans le privé et 58,6% dans le public. La part restante est en majorité financée par les familles dans le privé et par les collectivités locales dans le public. Selon une règle non écrite, un ratio de 20% est appliqué pour déterminer la part des effectifs dans le privé (80% d’élèves dans le public, 20% dans le privé).

Proposition 3 : Le Parti Pirate préconise que, en ce qui concerne l'enseignement générale, du primaire au lycée, la création de structures privées lucratives ou non n'est plus autorisé.

Proposition 4 : Le Parti Pirate préconise que des moyens soient alloués pour faciliter le suivi de l'enseignement à distance afin d'adapter l'école aux besoins de tous et de ne plus faire du CNED une solution par défaut.

Proposition 5 : Dans le cas ou la proposition 3 n'est pas mise en place, et dans l'attente de sa mise en place, un élève doit pouvoir refuser son inscription par les parents dans une école privée ou confessionnelle.

Au centre, une question de budget

Bien que l'idéal Pirate demanderait une refonte profonde du système éducatif actuel, il semble impossible de tendre vers ce dernier sans engager les 1,2 millions de professionnels qui y travaillent. Comment oser demander à un personnel éducatif de se réformer, d’envisager de nouvelles manières d’éduquer si ce dernier n’est pas considéré, en premier lieu de part un salaire décent ?

De la même manière, il est difficile de demander à des établissements d’innover, de faire face à ses nouveaux défis éducatifs sans un budget adequat.

La France, bien qu’ayant un budget consacré à l’éducation supérieur à la moyenne européenne, semble laisser de côté ses enseignants et ses établissements.

Une des explications de cette incohérence peut-être expliqué par le plus grand nombre de jeunes dans notre pays : nous possédons 17,67% de moins de 14 ans en France contre 15,56% au Canada, 15,59% en Finlande.

Une autre explication à ce sentiment d’être laisser de côté tient à la rémunération des enseignants. Ils sont en moyenne moins bien rémunérés que dans d’autres pays de l’OCDE et ont plus d’enfants par classe .

Autrement dit, il nous faudrait changer la manière dont nous pensons le budget de l’éducation, en passant, notamment dans nos comparaisons, d’une réflexion fondée sur le budget général à une réflexion fondée sur le budget alloué annuellement à un élève.

Bien heureusement, le ministère de l’éducation nationale fournit des chiffres à ce sujet.

Ces quelques données chiffrées permettent d’avoir une idée du coût annuel mais cachent, parce que ce sont des moyennes, une autre réalité qui tient à l’inégalité de répartition de ces coûts entre les établissements.

Et, difficile de promettre une éducation égale pour tous, si, en 1er lieux, les budgets alloués par élèves ne sont pas les mêmes. Un arrêté de le Cours des Comptes de 2012 évoque cette situation :

Plus généralement, la Cour observe une absence de corrélation entre les difficultés scolaires constatées sur le terrain et les moyens d'enseignement alloués par le ministre de l'éducation nationale, voire même parfois des sutiations paradoxales, dans la mesure où des établissements confrontés à un échec scolaire important peuvent être moins bien dotés que des établissements qui ont des taux de réussite plus élevés.

Dans ce rapport on comprend que l’attribution des budgets dépend de critères critiquables :

  • Pour le permier degré, l’appartenance à une zone rurale ou urbaine, la catégorie socio-professionelle moyenne des familles, la proportions de parents allocataires de minima sociaux)
  • Pour le second degré, la dotation de l’année précédente pour une académie et un calcul des besoins d’encadrement des élèves par les enseignants pour les différentes formations

La Cours souligne un manque de transparence dans ces critères. En effet, il ne serait pas possible de calculer à partir de critères explicites les dotations qui seront accordées aux académies.

Proposition 6 : Le Parti Pirate préconise que les budgets dédiés aux établissements se fondent sur une base fixe fonction du nombre d’élève par établissement afin de garantir transparence et égalité dans le système de dotation.

Proposition 7 : Le Parti Pirate préconise que les établissements du primaire, collège et lycée soient dotés d'un budget issu directement du ministère de l'éducation nationale et ne soit plus de la compétence des communes, ou d'autres collectivités.

Pour la revalorisation du métier d’enseignant

Pour remplir leurs missions, les professionnels de l’éducation doivent être bien mieux soutenus et considérés qu’ils ne le sont aujourd’hui, en terme de rémunération comme de conditions de travail.

Ainsi, le salaire des enseignants français reste de 10 à 15% inférieur à la moyenne des pays de l’OCDE, et l’écart est plus fort encore avec certains pays proches comme l’Allemagne (où la rémunération est pratiquement 2 fois supérieure !). En cause tient notamment le manque de progression du point d'indice.

Pourtant, même si le budget consacré à l’Education Nationale est relativement important en France (6,6% du PIB), il est à peine supérieure à la moyenne de l’OCDE si on le rapporte au nombre d’élèves, plus nombreux en France.

A nouveau, des pays proches comme l’Allemagne ou la Belgique mobilisent davantage de moyens par élève.

Il est importante de rappeler, que, dans l'État n'est pas un ménage, et que dans son cas bien particulier, les dépenses font les recettes. Ainsi la question budgétaire ne doit pas s'envisager sous l'angle de savoir où réduire les dépenses mais bien de savoir où dépenser pour assurer des recettes futures.

L'éducation fait partie des domaines permettant un bon retour sur investissement, à moyen et long terme comme l'explique cette note de l'OCDE et cet article d'alter éco.

Proposition 7 : Le Parti Pirate préconise que le salaire des enseignants soit relevés à une valeur équivalente à 2 fois le SMIC en début de carrière et que ce dernier y soit indexé. Le Parti Pirate propose qu'un débat soi mené sur une revalorisation conséquente du point d'indice d'au moins 10% en parallèle.

Financer l'enseignement professionel par les entreprises

Dans la droite ligne de la création d'une école émancipatrice qui ne ségrègue pas et dans une optique de gestion budgétaire, il semble nécessaire de laisser le privé porter entièrement le coût de l'enseignement professionnel. L'école Pirate n'a pas vocation à supporter le coût des besoins en compétence professionelle des entreprises.

Pour autant, les ministères restent tout à fait libres de conserver leurs prérogatives en terme de régulation des diplômes émis en liens avec les branches professionnelles. Cela n'empêche pas les établissements dits « généraux » de développer des activités pédagogiques techniques en leur sein, mais cette fois libérée des contraintes du monde professionnel.

Avec 643 800 élèves concernées et une moyenne de 12 740€ de dépense moyenne par élève, ce budget de 8 milliards d'€ est mis au service d'une école émancipatrice, pour tous.

Proposition 8 : Le Parti Pirate se positionne pour que l'enseignement professionnel soit entièrement financé par les entreprises.

Une école aux défis importants

Un certain nombre de problématiques importantes devraient faire l’objet de discussions plus approfondies, parmi les suivantes :

  • La formation continue des enseignants, notamment sur les méthodes pédagogiques fondées scientifiquement , le lien direct avec la recherche et les professionnels de l’université.
  • La réflexion sur des pratiques éducatives qui n’alimentent pas le harcèlement entre élèves, qui ne dégrade pas les inégalités sociales.
  • La mise en place d’une réelle éducation sexuelle à l’école, en commençant par appliquer la loi voté à ce sujet.
  • Une refonte du système d’évaluation individuel continue qui doit pouvoir prouver son intérêt pédagogique ou arrêter d’exister. Cela n’exclue pas la mise en place d’évaluations standardisées à différents moments de la scolarité afin notamment d’obtenir des chiffres nationaux sur la réussite des élèves et d’adapter au mieux la politique éducative.
  • L’intégration d’une souplesse dans les modalités d’apprentissage et d’organisation du temps scolaire pour les élèves, dans l’enseignement à distance, l’intégration des élèves en situation de handicap.
  • Une réflexion sur le rapprochement entre les filières générales, technologiques et professionnelles afin de promouvoir une éducation émancipatrice qui laisse autant de place, pour tous, une liberté de choix et un accès facilité à l'ensemble des activités.

Ces défis ne peuvent pas être relevés tant que les professionnels ne sont pas mieux rémunérés et tant que les élèves ne sont pas intégrés aux décisions qui les touchent directement.



20 arguments

  • Congressus
    le 03/04/2024 à 12:11

    Exposé des motifs

    Exposé des motifs

    Cette motion entend déterminer une ligne en matière de politique éducative pour le Parti Pirate, de manière à se détacher d’un programme éducatif actuel composé de 12 points élaborés en 2017, peu innovants, ne reflétant pas, voir étant contradictoires avec l’idéologie pirate. Ces points programmes peuvent porter préjudices au vu de la faiblesse de leur argumentaire et de l’inexactitude de leur propos.

    Cette motion s’est cependant inspirée de certains de ses points et de l’ensemble des discussions qui ont lieu sur le forum afin d’y rassembler les grands défis auxquels fait fasse le système éducatif français.

    Elle entend à la fois donner des billes en terme de philosophie éducative à nos portes paroles qui tiendrait plus d’un idéal, mais aussi proposer des points de réformes prioritaires à mettre en place rapidement.

    Cette motion induit l’abrogation des motions suivantes :

    Contenu de la proposition

    Pour une école émancipatrice et démocratique

    Le Parti Pirate se positionne pour un service publique de l’éducation qui aurait pour mission principale l’émancipation des individus. Cette émancipation doit permettre le développement physique et intellectuel des individus, de manière à ce que ces personnes puissent mener la vie libre qu’iels souhaitent.

    En cela donc, cette éducation doit non seulement former à l’apprentissage des fondamentaux scolaires mais doit aussi permettre aux individus de pouvoir mener leur vie sociale, citoyenne, leur vie économique, leur santé en toute sérénité.

    Le Parti Pirate envisage l’école comme une opportunité pour des jeunes citoyens de participer activement à la société.

    En cela donc, le Parti Pirate ne peut pas envisager un système éducatif dans lequel les jeunes seraient amenés à subir les décisions prises par les adultes, politiques, parents, personnel éducatif. Un tel fonctionnement ne ferait que reproduire le schéma dysfonctionnel d’une société autoritaire.

    Il doit leur être donné l’opportunité de participer activement à la vie de leur établissement, de prendre de décision sur l’allocation des budgets, l’organisation de la scolarité.

    Cette nécessité pour amener au développement d’individus émancipés n’empêche pas que les établissements éducatifs soient contraints à un certains nombre de missions. La seule différence tient à la manière dont les principaux intéressés participent à ce processus décisionnel pour la mise en oeuvre de ces missions.

    Proposition 1: Le Parti Pirate préconise de renforcer la place des élèves dans les instances des établissements et de leurs donner un véritable pouvoir, à part égale avec l’équipe éducative et les parents.

    Proposition 2 : Le Parti Pirate préconise que les options, langues, spécialités et orientations scolaires ne puissent être le choix que de l’élève et pas de leurs représentants légaux, ni des enseignants.

    Pour un vrai service publique de l’éducation et la fin de l’école privée

    Dans un système éducatif où les jeunes et le personnel éducatif prends part aux décisions de son établissement, la voie devient libre pour mener des expérimentations éducatives de toutes sortes. Ainsi, l’intérêt d’établissement d’enseignements privés dans ce but devient obsolète.

    De la même manière, dans une volonté de gestion du budget qui dépende du nombre d’élève accueilli dans l’établissement plus que du projet éducatif et de l’offre de l’établissement, ou encore du contexte socio-économique, il ne devient pas acceptable que des établissements privés demandent à des familles une participation financière supplémentaire.

    En effet, mettre en concurrence un service publique de l’éducation et des établissements privés d’éducation donne l’opportunité au privé de sélectionner ses « clients », de se concentrer sur des segments de marché plus rentables, laissant le secteur public desservir les populations moins rentables ou nécessitant des services plus coûteux à fournir.

    Une des conséquences de cette mise en concurence est la ségragation socio-économique faisant de la france une championne des inégalités scolaires :

    Dans les pays de l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques, l’écart moyen entre les élèves issus de milieux socio-économiques favorisés et ceux de milieux défavorisés est de 93 points en mathématiques. En France, il est de 20 points de plus – 113 points à ceux des élèves défavorisés. Il s’agit de l’un des plus importants écarts liés au milieu socio-économiques, « des écarts plus importants ne sont observés qu’en République slovaque ou encore en Israël », précise l’OCDE.

    Le secteur privé est en effet facteur de ségrégation comme nous le rappel ce papier des cahiers pédagogiques :

    Depuis 20 ans la mixité recule dans ces établissements. Les élèves de familles très favorisées, qui constituaient 26,4 Pourcents des effectifs de l’enseignement privé sous contrat en 2000, en représentent 40,2 Pourcents en 2021 et les élèves de milieux favorisés ou très favorisés sont désormais majoritaires dans ce secteur – 55,4 Pourcents en 2021 – alors qu’ils représentent 32,3 Pourcents des élèves dans le public ». Et quant aux élèves boursiers, ils sont près de trois fois plus nombreux dans le public que dans le privé (11,8 Pourcents dans le privé contre 29,1 Pourcents dans le public en 2021). La révélation des IPS en novembre dernier avait aussi montré la forte ségrégation à l’œuvre.

    En plus des conséquences sur la mixité, l’éducation privé coûte cher :

    Le budget de l’enseignement privé sous contrat s’élève à 8 milliards en 2022, « ces crédits financent à la fois la rémunération des enseignants et le forfait d’externat versé aux établissements du second degré, destiné à couvrir leurs charges de personnels de vie scolaire ». Les écoles sont ainsi financées pour 55 Pourcents par l’État contre 74,3 Pourcents pour le public. Les collèges et lycées sont quant à eux financés pour 55,2 Pourcents par l’État dans le privé et 58,6 Pourcents dans le public. La part restante est en majorité financée par les familles dans le privé et par les collectivités locales dans le public. Selon une règle non écrite, un ratio de 20 Pourcents est appliqué pour déterminer la part des effectifs dans le privé (80 Pourcents d’élèves dans le public, 20 Pourcents dans le privé).

    Proposition 3 : Le Parti Pirate préconise que, en ce qui concerne l’enseignement générale, du primaire au lycée, la création de structures privées lucratives ou non n’est plus autorisé.

    Proposition 4 : Le Parti Pirate préconise que des moyens soient alloués pour faciliter le suivi de l’enseignement à distance afin d’adapter l’école aux besoins de tous et de ne plus faire du CNED une solution par défaut.

    Proposition 5 : Dans le cas ou la proposition 3 n’est pas mise en place, et dans l’attente de sa mise en place, un élève doit pouvoir refuser son inscription par les parents dans une école privée ou confessionnelle.

    Au centre, une question de budget

    Bien que l’idéal Pirate demanderait une refonte profonde du système éducatif actuel, il semble impossible de tendre vers ce dernier sans engager les 1,2 millions de professionnels qui y travaillent. Comment oser demander à un personnel éducatif de se réformer, d’envisager de nouvelles manières d’éduquer si ce dernier n’est pas considéré, en premier lieu de part un salaire décent ?

    De la même manière, il est difficile de demander à des établissements d’innover, de faire face à ses nouveaux défis éducatifs sans un budget adequat.

    La France, bien qu’ayant un budget consacré à l’éducation supérieur à la moyenne européenne, semble laisser de côté ses enseignants et ses établissements.

    Une des explications de cette incohérence peut-être expliqué par le plus grand nombre de jeunes dans notre pays : nous possédons 17,67 Pourcents de moins de 14 ans en France contre 15,56 Pourcents au Canada, 15,59 Pourcents en Finlande.

    Une autre explication à ce sentiment d’être laisser de côté tient à la rémunération des enseignants. Ils sont en moyenne moins bien rémunérés [que dans d’autres pays de l’OCDE et ont plus d’enfants par classe ](Page Rendering Error | OECD iLibrary Pourcents2Fcontent Pourcents2Fcomponent Pourcents2F33af4eb8-fr).

    Autrement dit, il nous faudrait changer la manière dont nous pensons le budget de l’éducation, en passant, notamment dans nos comparaisons, d’une réflexion fondée sur le budget général à une réflexion fondée sur le budget alloué annuellement à un élève.

    Bien heureusement, le ministère de l’éducation nationale fournit des chiffres à ce sujet.

    Ces quelques données chiffrées permettent d’avoir une idée du coût annuel mais cachent, parce que ce sont des moyennes, une autre réalité qui tient à l’inégalité de répartition de ces coûts entre les établissements.

    Et, difficile de promettre une éducation égale pour tous, si, en 1er lieux, les budgets alloués par élèves ne sont pas les mêmes. Un arrêté de le Cours des Comptes de 2012 évoque cette situation :

    Plus généralement, la Cour observe une absence de corrélation entre les difficultés scolaires constatées sur le terrain et les moyens d’enseignement alloués par le ministre de l’éducation nationale, voire même parfois des sutiations paradoxales, dans la mesure où des établissements confrontés à un échec scolaire important peuvent être moins bien dotés que des établissements qui ont des taux de réussite plus élevés.

    Dans ce rapport on comprend que l’attribution des budgets dépend de critères critiquables :

    • Pour le permier degré, l’appartenance à une zone rurale ou urbaine, la catégorie socio-professionelle moyenne des familles, la proportions de parents allocataires de minima sociaux)
    • Pour le second degré, la dotation de l’année précédente pour une académie et un calcul des besoins d’encadrement des élèves par les enseignants pour les différentes formations

    La Cours souligne un manque de transparence dans ces critères. En effet, il ne serait pas possible de calculer à partir de critères explicites les dotations qui seront accordées aux académies.

    Proposition 6 : Le Parti Pirate préconise que les budgets dédiés aux établissements se fondent sur une base fixe fonction du nombre d’élève par établissement afin de garantir transparence et égalité dans le système de dotation.

    Proposition 7 : Le Parti Pirate préconise que les établissements du primaire, collège et lycée soient dotés d’un budget issu directement du ministère de l’éducation nationale et ne soit plus de la compétence des communes, ou d’autres collectivités.

    Pour la revalorisation du métier d’enseignant

    Pour remplir leurs missions, les professionnels de l’éducation doivent être bien mieux soutenus et considérés qu’ils ne le sont aujourd’hui, en terme de rémunération comme de conditions de travail.

    Ainsi, le salaire des enseignants français reste de 10 à 15 Pourcents inférieur à la moyenne des pays de l’OCDE, et l’écart est plus fort encore avec certains pays proches comme l’Allemagne (où la rémunération est pratiquement 2 fois supérieure !). En cause tient notamment le manque de progression du point d’indice.

    Pourtant, même si le budget consacré à l’Education Nationale est relativement important en France (6,6 Pourcents du PIB), il est à peine supérieure à la moyenne de l’OCDE si on le rapporte au nombre d’élèves, plus nombreux en France.

    A nouveau, des pays proches comme l’Allemagne ou la Belgique mobilisent davantage de moyens par élève.

    Il est importante de rappeler, que, dans l’État n’est pas un ménage, et que dans son cas bien particulier, les dépenses font les recettes. Ainsi la question budgétaire ne doit pas s’envisager sous l’angle de savoir où réduire les dépenses mais bien de savoir où dépenser pour assurer des recettes futures.

    L’éducation fait partie des domaines permettant un bon retour sur investissement, à moyen et long terme comme l’explique cette note de l’OCDE et cet article d’alter éco.

    Proposition 7 : Le Parti Pirate préconise que le salaire des enseignants soit relevés à une valeur équivalente à 2 fois le SMIC en début de carrière et que ce dernier y soit indexé. Le Parti Pirate propose qu’un débat soi mené sur une revalorisation conséquente du point d’indice d’au moins 10 Pourcents en parallèle.

    Financer l’enseignement professionel par les entreprises

    Dans la droite ligne de la création d’une école émancipatrice qui ne ségrègue pas et dans une optique de gestion budgétaire, il semble nécessaire de laisser le privé porter entièrement le coût de l’enseignement professionnel. L’école Pirate n’a pas vocation à supporter le coût des besoins en compétence professionelle des entreprises.

    Pour autant, les ministères restent tout à fait libres de conserver leurs prérogatives en terme de régulation des diplômes émis en liens avec les branches professionnelles. Cela n’empêche pas les établissements dits « généraux » de développer des activités pédagogiques techniques en leur sein, mais cette fois libérée des contraintes du monde professionnel.

    Avec 643 800 élèves concernées et une moyenne de 12 740€ de dépense moyenne par élève, ce budget de 8 milliards d’€ est mis au service d’une école émancipatrice, pour tous.

    Proposition 8 : Le Parti Pirate se positionne pour que l’enseignement professionnel soit entièrement financé par les entreprises.

    Une école aux défis importants

    Un certain nombre de problématiques importantes devraient faire l’objet de discussions plus approfondies, parmi les suivantes :

    • La formation continue des enseignants, notamment sur les méthodes pédagogiques fondées scientifiquement , le lien direct avec la recherche et les professionnels de l’université.
    • La réflexion sur des pratiques éducatives qui n’alimentent pas le harcèlement entre élèves, qui ne dégrade pas les inégalités sociales.
    • La mise en place d’une réelle éducation sexuelle à l’école, en commençant par appliquer la loi voté à ce sujet.
    • Une refonte du système d’évaluation individuel continue qui doit pouvoir prouver son intérêt pédagogique ou arrêter d’exister. Cela n’exclue pas la mise en place d’évaluations standardisées à différents moments de la scolarité afin notamment d’obtenir des chiffres nationaux sur la réussite des élèves et d’adapter au mieux la politique éducative.
    • L’intégration d’une souplesse dans les modalités d’apprentissage et d’organisation du temps scolaire pour les élèves, dans l’enseignement à distance, l’intégration des élèves en situation de handicap.
    • Une réflexion sur le rapprochement entre les filières générales, technologiques et professionnelles afin de promouvoir une éducation émancipatrice qui laisse autant de place, pour tous, une liberté de choix et un accès facilité à l’ensemble des activités.

    Ces défis ne peuvent pas être relevés tant que les professionnels ne sont pas mieux rémunérés et tant que les élèves ne sont pas intégrés aux décisions qui les touchent directement.


    Lien vers Congressus : Congressus : Session Juillet 2024 - Assemblée Permanente - Pour une une éducation nationale émancipatrice

        Rapporteur : @Bibo
  • Bibo
    le 03/04/2024 à 12:11

    Pas de panique, motion déposée pour la session de Juillet après les européennes

  • alexscott
    le 03/04/2024 à 14:53

    Titre modifié :wink:

  • Vince
    le 04/04/2024 à 08:30

    Plusieurs choses m’ont fait tiquer. Quand tu dis que le PP « préconise », ou « se positionne », qu’est-ce que ça signifie ? C’est ok pour faire de la comm’ « générale » mais si on nous demande « comment vous comptez mettre ça en place », c’est mieux si on sait répondre concrètement. Autrement dit, on gagne les prochaines législatives, on fait un projet de loi éducation, et on met quoi dedans ? Comment on met en place nos propositions, comment on les finance, etc. « Un décret précisera les modalités d’application de la présente loi » n’est pas une réponse suffisante. :stuck_out_tongue:

    Maintenant, sur le fond, je souhaite revenir sur ceci.

    Au début, j’ai eu un peu peur, j’ai cru que tu voulais lâcher les gosses dans la nature en leur disant de faire ce qu’ils voulaient. Il s’agit donc d’impliquer les élèves dans la vie de leur école, y compris les budgets et l’organisation de la scolarité. Pas mal de choses me viennent en tête, ça risque d’être un peu décousu.

    D’abord, qui serait concerné ? Les élèves du primaire ? Du secondaire ? Il peut être intéressant de montrer aux enfants de manière concrète ce qu’est un budget avec un cas qui les concerne en premier lieu et au quotidien. Cela peut aussi leur donner une conscience politique et une envie de s’engager. Maintenant, comment cela se traduirait ? Nous sommes les mieux placés pour savoir qu’il ne peut y avoir de décision éclairée sans débat ouvert avec toutes les cartes sur la table. Là, j’imagine par exemple une ou plusieurs demi-journées par année consacrées exclusivement à cela, qui pourraient rentrer dans le cadre d’enseignements d’ECJS / éducation civique (je ne sais pas quel est le terme utilisé aujourd’hui). On pourrait, à l’issue des débats, faire voter les élèves sur les décisions qui les concernent (ce qui pourrait être l’occasion de montrer et d’enseigner des façons de voter comme le Borda ou le jugement majoritaire). Cela implique de définir aussi quel serait le poids du vote des élèves, puisque je suppose que le personnel de l’école participera au scrutin aussi. Il ne sert à rien de leur donner que 10%, ce serait du foutage de gueule. Avec du 50%, on envoie le signal que leurs voix comptent autant que les autres.

    Ensuite, plus spécifiquement, sur la phrase suivante.

    un système éducatif dans lequel les jeunes seraient amenés à subir les décisions prises par les adultes, politiques, parents, personnel éducatif

    Même en impliquant les jeunes en question, on reste dans un système où les jeunes subiront les décisions prises par d’autres. Ce que je cherche à dire, c’est que toutes les décisions prises par les adultes ne sont pas forcément à jeter. Certaines décisions vont toutefois être délétères pour certains élèves. Elles resteront délétères mêmes si elles ont l’appui d’autres élèves.

    Proposition 2 : Le Parti Pirate préconise que les options, langues, spécialités et orientations scolaires ne puissent être le choix que de l’élève et pas de leurs représentants légaux, ni des enseignants.

    C’est pas déjà le cas ? Quand j’étais au lycée, il ne me semble qu’aucun enseignant n’a eu son mot à dire sur mes choix d’options / d’enseignements. D’ailleurs, ces choix sont forcément influencés par l’environnement social et culturel, et donc fatalement par la famille. Aussi, les élèves peuvent subir des pressions de leurs parents / représentants légaux quant à ces choix, malheureusement. Même si c’est souhaitable, ça me semble être un vœu pieu de vouloir empêcher des parents de contraindre ce genre de décision. Plus précisément, il faudrait définir comment faire.

    Enfin, un mot en tant qu’enseignant dans le supérieur. Je considère tout un chacun comme responsable, ce qui m’est parfois déconseillé voire reproché par certains collègues. Il est vrai que certaines personnes, à 18 ans, n’ont pas la maturité nécessaire pour ne pas faire n’importe quoi quand on leur laisse trop de liberté. Je me demande si donner trop de pouvoir à des élèves de 10, 14 ou même 16 ans ne risque pas d’être contreproductif. Après, c’est dans l’ADN du parti de vouloir rendre chaque individu responsable de sa liberté.

    En espérant que ce n’était pas trop bordélique.

  • boz
    le 02/06/2024 à 23:16

    Bonjour, je suis un peu choqué par le paragraphe qui propose la suppression de l’école privée. Personnellement j’ai mis mes enfants dans des écoles privées pour des raisons idéologiques et non religieuses. Pour caricaturer, je dirais que le crédo de l’enseignement publique (que je connais pour avoir passé ma scolarité en public et être fils de prof du public) est « tous les enfants sont égaux face à l’éducation » et que dans le privé il est « tous les enfants sont différents ».

    Proposition 3 : Le Parti Pirate préconise que, en ce qui concerne l’enseignement générale, du primaire au lycée, la création de structures privées lucratives ou non n’est plus autorisé.

    Inscrire cette proposition revient à dire aux parents de 20 Pourcents des élèves : le Parti Pirate est contre le choix que vous avez fait pour l’éducation de vos enfants. Ses valeurs vont à l’encontre des vôtres. Le code des Pirates dans son premier article est : « Nous, Pirates, chérissons la liberté, l’indépendance, l’autonomie et refusons toute forme d’obédience aveugle. » Mais cette liberté ne s’applique pas à l’éducation de vos enfants.

    Je pense qu’il faut penser différemment la question public/privé : qu’est ce qui fait la différence entre les deux ? Qu’est-ce qui pousse les parents à mettre leurs enfants dans un établissement privé ?

    Je pense que la question n’est pas « pourquoi il faut supprimer le privé ? » mais « comment améliorer le public ? ». Si cette question peut encore être débattue, je veux bien participer au débat :relaxed:

  • Vince
    le 03/06/2024 à 13:06

    Bonjour !

    Il est encore temps, et même après coup, on peut toujours revenir dessus.

    Est-ce que tu souhaites développer ce propos ? Cela pourrait aider à creuser les questions que tu poses.

    N’ayant pas d’enfants, j’ai juste un avis extérieur sur la question, basé sur ce que j’ai pu voir autour de moi. Il me semble que la qualité de l’éducation est perçue comme meilleure dans le privé. Est-ce vrai, pourquoi, ça, je n’en sais rien. Il peut aussi y avoir une volonté d’éviter la mixité sociale. Là aussi, pourquoi, c’est une question qui mérite d’être réellement creusée. On ne peut pas juste pointer du doigt et jeter l’opprobre.

    Sur la forme, comment cette motion sera votée ? Chaque proposition sera indépendante ?

  • boz
    le 03/06/2024 à 14:13

    Il me semble que la qualité de l’éducation est perçue comme meilleure dans le privé. Est-ce vrai, pourquoi, ça, je n’en sais rien. Il peut aussi y avoir une volonté d’éviter la mixité sociale. Là aussi, pourquoi, c’est une question qui mérite d’être réellement creusée. On ne peut pas juste pointer du doigt et jeter l’opprobre.

    Je ne sais pas comment on peut juger de la qualité de l’éducation, ça dépasse mes compétences, mais je pense qu’il est souvent plus facile d’appliquer des mesures disciplinaires pouvant aller jusqu’à l’exclusion dans le privé, voire être viré pour résultats insuffisants (cela m’est arrivé… il y a plus de 30 ans). Se faire virer d’un établissement public c’est nettement plus difficile (pas faute d’avoir essayé à l’époque). Je pense que cela change beaucoup l’attitude des élèves les plus difficiles et donc la discipline dans l’établissement. Je pense que si on donnait aux établissements publics les moyens administratifs d’appliquer plus de discipline on réduirait fortement la différence entre privé et public.

    Concernant le manque de mixité sociale en privé, je pense qu’elle est effective mais pas recherchée. On peut penser ce que l’on veut des religions (j’exclue les pratiques extrémistes et intégristes qui existent dans toutes les religions) mais toutes s’érigent contre le racisme, la discrimination, la haine et toutes prônent la tolérance et la bienveillance. La question ne tourne pas autour de la mixité mais autour de la sécurité : dans les établissements privés il y a moins de violence, moins de risque d’exposition à la drogue… pour les raisons que j’ai cité plus haut. Mais la question de la sécurité, n’en déplaise au RN, ne peut pas être réduite à une histoire de milieu social.

    Dernier point, mais pas des moindres, le public est fondamentalement pour l’égalité : contre l’élitisme, contre les classes de niveau, pour que tous les élèves atteignent le même niveau quelque soit leurs forces et leurs faiblesses. Je pense que dans le privé on n’applique pas ce dogme. La doctrine est plutôt que chaque élève est différent et qu’il faut faire en sorte que chacun fasse au mieux. Il y a des classes de niveau et on pousse les meilleurs élèves à l’excellence. C’est la raison pour laquelle on accuse le privé d’élitisme (même s’il existe des établissement élitiste dans le public). Ici, c’est presque une question de religion ! et je ne sais pas si on peut en discuter.

  • bterrier
    le 17/06/2024 à 15:43

    En cela donc, cette éducation doit non seulement former à l’apprentissage des fondamentaux scolaires mais doit aussi permettre aux individus de pouvoir mener leur vie sociale, citoyenne, leur vie économique, leur santé en toute sérénité.

    Le Parti Pirate envisage l’école comme une opportunité pour des jeunes citoyens de participer activement à la société.

    En cela donc, le Parti Pirate ne peut pas envisager un système éducatif dans lequel les jeunes seraient amenés à subir les décisions prises par les adultes, politiques, parents, personnel éducatif. Un tel fonctionnement ne ferait que reproduire le schéma dysfonctionnel d’une société autoritaire.

    Je ne vois pas le lien logique entre « ne peut pas envisager un système éducatif dans lequel les jeunes seraient amenés à subir les décisions prises par les adultes » et les phrases d’avant.

    Ce qui m’amène à soulever 2 points:

    1. Est-ce que la comparaison à une société autoritaire est valide ? Ce programme admet que l’école doit amener les enfant à être des adultes émancipés. C’est donc que tant qu’ils sont à l’école ils ne sont pas des adultes émancipés. Et donc comparer une école où les enfants en cours d’émancipation auraient à subir certains choix imposés par des adultes à une société autoritaire où des adultes émancipés subissent les choix d’autres adultes me semble douteux.
    2. En imposant que « l’apprentissage des fondamentaux scolaires mais doit aussi permettre aux individus de pouvoir mener leur vie sociale, citoyenne, leur vie économique, leur santé en toute sérénité. » ne prévoyons nous pas déjà que certains enfant auront à subir ce choix ? On est donc forcé d’admettre que les jeunes seront amené à subir des décisions prisent par les adultes.

    Je pense donc qu’il faudrait supprimer la ligne:

    En cela donc, le Parti Pirate ne peut pas envisager un système éducatif dans lequel les jeunes seraient amenés à subir les décisions prises par les adultes, politiques, parents, personnel éducatif. Un tel fonctionnement ne ferait que reproduire le schéma dysfonctionnel d’une société autoritaire.

    qui me semble trop forte/vindicative par rapport par rapport au reste du texte, qui me semble suffisant.

  • Bibo
    le 17/06/2024 à 16:14

    En préambule j’aimerais rappeler que j’ai écris tout ça pour essayer de reprendre des éléments évoqués dans les motions que j’aimerais dégager du programme et en profiter pour produire un texte de référence sur l’éducation. Si rien de tout ça ne fait consensus, je proposerais sûrement un amendement qui propose de supprimer l’ensemble des motions que j’ai listé, je verrais, vous êtes également libre de proposer tout autre chose.

    Pour moi c’est motion d’orientation, elle n’a pas pour but d’être complètement financée, je suis prêt à retirer des éléments qui pourraient le laisser entendre. Elle a également pour but de dégager tous les points qu’on a sur l’éducation, qui n’ont pas grand intérêt et qui par ailleurs ne justifient rien non plus.

    Sur la philosophie de la motion, j’aimerais particulièrement savoir ce qu’en pense @Rodolphe_DUMOUCH.

    On parle d’éducation nationale donc oui.

    Non à ma connaissance ce sont les parents qui choisissent. Après sûrement que certains parents ont quand même la bonne idée de demander leur avis à leur gosse.

    Personnellement je ne pense pas qu’on puisse faire l’un sans l’autre. Mettre en concurrence le privé et le public transforme de fait l’offre privé comme une offre de privilégiés utilisé comme outil de distinction sociale. C’est ce que j’explique dans le texte. Tout est bien sûr en débat, ce n’est qu’une proposition !

    Ça pourrait, personnellement j’ai rédigé ça comme un tout cohérent mais on pourrait tout à fait en dégager une partie dans un amendement.

    Personnellement je n’ai pas ce dogme et ce que j’essaye de proposer va à l’encontre de ce dogme, une école où chacun va à son rythme et aussi loin qu’il le veut. Cela n’empêche pas de parler de connaissances minimales à acquérir.

    Je comprends que tu soulèves des éléments de logique, mais pour moi, les 3 paragraphes vont dans le même sens, exprimés différemment et dessinent une vision de la société et du système éducatif qui me semble nécessaire.

  • Vince
    le 18/06/2024 à 07:00

    Quand je lis des propositions comme la revalorisation du salaire des enseignants, je m’attends à ce que ce soit financé. Dire « on va augmenter les salaires » sans expliquer comment, il y a déjà plein de partis de gauche qui le font et je ne trouve pas ça sérieux. Alors on peut dire :

    C’est un peu trompeur : si l’État octroie 30.000 € pour l’année 2025 à un enseignant (valeur arbitraire pour l’exemple), on ne peut pas prédire combien de cet argent lui reviendra en recettes, ni au bout de combien de temps. Il faut d’abord sortir les 30.000 euros puis après, on verra bien ce qui revient et quand. Il me parait donc important, pour être crédible, d’expliquer d’où on sort l’argent : taxe, réduction des dépenses ailleurs, emprunt, …

    Le risque si on vote cette motion d’orientation, c’est qu’on bloque par la suite pour justifier ou expliciter des points comme ceux soulevés actuellement. Il serait peut-être plus judicieux qu’on ne se prononce pas ce mois-ci sur cette motion, qu’on continue de l’enrichir jusqu’à obtenir un texte solide. Je ne sais pas si c’est possible réglementairement, vu qu’elle est déjà enregistrée en AP. En l’état actuel, si on doit voter la semaine prochaine, je voterai probablement contre pour les raisons évoquées.

  • Rodolphe_DUMOUCH
    le 19/06/2024 à 15:26

    Déjà, changer les formulaires d’orientation et de choix d’option : ils doivent être validés par la signature de l’élève et non celle des parents. Simple non ?
    Cela se fait déjà à l’étranger.
    Par exemple au Luxembourg (je viens d’avoir un contact avec le représentant des élèves luxembourgeois, Sam Elsey) : en début de secondaire, le choix est parental. Vers 14- 15, il faut un accord entre élève et parents, au-delà, c’est décision souveraine de l’élève.
    On peut même aller plus loin.

  • Rodolphe_DUMOUCH
    le 19/06/2024 à 18:31

    C’est pas déjà le cas ? Quand j’étais au lycée, il ne me semble qu’aucun enseignant n’a eu son mot à dire sur mes choix d’options / d’enseignements. D’ailleurs, ces choix sont forcément influencés par l’environnement social et culturel, et donc fatalement par la famille. Aussi, les élèves peuvent subir des pressions de leurs parents / représentants légaux quant à ces choix, malheureusement. Même si c’est souhaitable, ça me semble être un vœu pieu de vouloir empêcher des parents de contraindre ce genre de décision

    Oui, comme en 1965, quand il fallait autoriser les femmes à ouvrir un compte sans l’autorisation du bonhomme :
    « C’est déjà le cas, non ? Elles ouvrent déjà des comptes. J’en ai vu des ménages, il me semble que c’était déjà la femme qui portait la culotte. D’ailleurs, le choix de la femme est forcément influencé par le milieu familial et les décisions du mari, fatalement c’est lui qui rapporte le gros des revenus. Aussi, les femmes peuvent subir la pression du chef de famille quant à leur choix, malheureusement. Même si c’est souhaitable, ça me semble être un voeu pieux de vouloir empêcher le mari de contraindre ce genre de décision ».
    Voilà, un beau sophisme mis en lumière. :grinning_face_with_smiling_eyes:

  • Rodolphe_DUMOUCH
    le 01/07/2024 à 21:13

    Petite coquille : « service public » et non « service publique ».;

  • omejean
    le 01/07/2024 à 21:58

    Bonjour.

    J’ai un peu de mal à comprendre l’intégralité de cette motion, et j’ai l’impression qu’il y a une méconnaissance du système éducatif actuel. D’où mon incompréhension. Par exemple, pour ce point :

    Est ce que ça veut dire que pour un même nombre d’élèves, deux établissements reçoivent le même budget ? Si oui alors on est dans l’égalité mais pas dans l’équité. Il me semble qu’une vision égalitariste ne permettra pas de résoudre les inégalités sociales.

    Au final, oui il faut repenser notre système éducatif, sans aucun doute l’adapter mais je ne suis pas convaincu par cette motion qui me semble assez loin des réalités du terrain et du fonctionnement de l’EN actuel.

  • Bibo
    le 02/07/2024 à 09:54

    J’entends tout à fait.
    Ce serait quoi vos propositions alternatives ?

  • omejean
    le 03/07/2024 à 22:23

    Il faut que je mette bien au clair mes idées et propositions ce qui peut prendre un peu de temps, mais je les proposerai pour alimenter le débat :slight_smile:

  • Nicolas_Boulay
    le 04/07/2024 à 07:53

    L’éducation est meilleur (sauf boite à bac) car les moins bon éleves sont refusé et ne perturbent pas les cours.

    Il peut y avoir une forme d’anti-pauvre chez certaine personne, c’est sûr. Mais j’avoue que le discours habituel des bons élèves qui sont censés être un « moteur pour la classe » en plus de leur travail, tout en se faisant harceler, me hérisse le poil. Un bon élève ne doit rien à personne.

  • Nicolas_Boulay
    le 04/07/2024 à 08:06

    Dans mon coin, le meilleur établissement est publique. Le privé est souvent confessionnel ce qui est rédhibitoire pour beaucoup.

    Quand on entend parler de prof manquant pendant 3 mois ce n’est pas dans le privé. Cette année, les choses ont changé : les cours sont rattrapé, même si cela fait râler les élèves.

    Il y a gros problème de moyens, souvent le privé touche plus d’argent publique que le publique ! (Cf Stanislas à Paris). Il y a aussi un 2 poids 2 mesures sur l’application de leur obligation (catéchisme peu optionnel).

    Cette parti ne me plais trop non plus. Il faut parler d’age. L’autonomie s’apprend. A 12 ans, les gamins veulent surtout l’option fortnite. Même si cela dépend des gamins, même si les parents sont un peu con parfois.

  • omejean
    le 04/07/2024 à 15:42

    Concernant l’enseignement privé est ce qu’on parle de Stanislas ou de Saint-Louis-de-Gonzague ou est ce qu’on parle des Apprentis d’Auteuil ? Les trois sont des établissements privés.

    Il existe des établissements d’excellence autant dans le privé que dans le public (voir (Palmares lycée - Le Figaro ). Une question me semble donc sur l’acceptation des filières d’excellence ou pas ? Par contre, ça n’empêche pas de se poser la question de la localisation de ces établissements et du profil socio-économique des parents des élèves qui y sont. On dépasse alors, il me semble, le simple aspect éducation.

  • Rodolphe_DUMOUCH
    le 07/07/2024 à 08:11

    @nicolas_boulay

    Cette parti ne me plais trop non plus. Il faut parler d’age. L’autonomie s’apprend. A 12 ans, les gamins veulent surtout l’option fortnite. Même si cela dépend des gamins, même si les parents sont un peu con parfois.

    J’ai déjà abordé cette question avec les exemples étrangers. 14 ans en Allemagne, 16 ans en Grande-Bretagne (mais dès 12 ans pour le droit de veto concerant les écoles confessioinnelles). Et au Luxembourg, deux étapes : à 14 ans, il faut un accord entre les parents et l’élèves, à 16 ans l’élève décide seul.

  • bterrier
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